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CHAPITRE 2

UN ÉVÉNEMENT D'UNE GRANDE PORTÉE MYSTIQUE - Texte intégral

"Simon Pierre luit dit: Seigneur, où vas-tu? - Jésus répondit: "Tu ne peux pas maintenant me suivre où je vais, mais tu me suivras plus tard." (Jean 13:36) "En vérité (...) celui qui croit en moi fera les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes" (Jean 14:12).

Si nous assistions à un service religieux dans une église un dimanche de Pâques, nous y entendrions conter l'histoire de Jésus, fils de Dieu, conçu sans péché et qui, à l'âge de trente ans, entreprit un ministère d'une durée de trois ans, lequel se termina par la crucifixion et la mort, afin que nous soyons sauvés par son sang. On nous dirait peut-être aussi qu'à Pâques il est ressuscité, qu'il est monté au ciel et qu'il est assis à la droite du Père, d'où il reviendra pour juger les vivants et les morts.

Alors que, grâce à la faculté de lire dans la Mémoire de la Nature, nous avons acquis la certitude que Jésus a effectivement vécu et que les éléments principaux de sa vie se sont produits comme le relatent les Evangiles, nous savons que la mission du Christ mystique est infiniment plus glorieuse que tout ce qui a pu entrer dans le coeur de ceux qui connaissent uniquement l'interprétation traditionnelle des Evangiles.

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La fête de la Résurrection que nous appelons Pâques ne commémore pas uniquement la résurrection d'un homme, si sublime soit-il; c'est également un événement cosmique. Il serait totalement absurde de célébrer une mort et une résurrection ayant eu lieu à des jours fixes, par une fête mobile dont la date est chaque fois déterminée par les positions respectives du Soleil et de la Lune dans le signe du Bélier.

Chaque année, une vague spirituelle de vitalité pénètre, au solstice d'hiver, dans notre Terre presque privée de vie, pour fertiliser les graines endormies dans le sol glacé et donner au monde une vie nouvelle. Ce travail s'accomplit pendant les mois d'hiver, où le Soleil passe successivement par le Capricorne, le Verseau et les Poissons. Après avoir parcouru ces signes, il croise l'équateur céleste, et ce "croisement", cette "mise en croix" ou "crucifixion", est en rapport étroit avec l'entrée du Soleil dans le signe du Bélier, autrement dit de l'Agneau . Le Soleil monte ensuite dans les signes septentrionaux pour réchauffer de ses rayons les graines germant dans un sol revitalisé pendant l'hiver par la force de vie du Christ qui y a pénétré.

Sans cette vague mystique annuelle d'énergie vitale émanant du Christ cosmique, la vie physique serait impossible. Sans elle, il n'y aurait ni pain, ni vin physiques, ni cette essence spirituelle transsubstantielle préparée par alchimie avec le sang du coeur du disciple.

L'agneau a été immolé dès le début de l'époque Aryenne dans laquelle nous vivons. Son sang était le symbole de ce qui a sauvé de la mort le "Peuple élu de Dieu" lors de sa fuite de l'Egypte mythique où l'on adorait encore le boeuf Apis, en relation avec le signe du Taureau.

Dès ce moment, tous ceux qui avaient été sauvés par le sang de l'Agneau ont été considérés comme idolâtres s'ils se remettaient à adorer le veau d'or, car les anciennes religions du Taureau avaient été remplacées par celles de l'Agneau dès le moment où le point vernal du Soleil était entré, par précession, dans la constellation

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du Bélier. Plus tard, lorsque le point vernal atteignait le septième degré de la constellation du Bélier, le Christ est venu dans le corps de Jésus pour établir une nouvelle alliance sous le sceau et le symbole du pain mystique et de l'eau vive. L'Agneau de Dieu était près de terminer son règne; il l'a fait individuellement lorsque le Christ a quitté le corps de Jésus, et au point de vue cosmique, au moment où le point vernal du Soleil a quitté le signe du Bélier ou de l'Agneau. Ceux qui, durant l'ère des Poissons, devaient êtres les messagers du divin Maître représentant lui-même, lors de la dernière Cène, l'agneau du sacrifice, allaient recevoir de nouveaux symboles: le pain de vie et l'eau vive leur ont été offerts comme des représentations de son corps et de son sang pour qu'ils les consomment en souvenir de lui durant l'ère nouvelle. Il existe donc un rapport entre le vin mystique et le sang, ainsi qu'entre le pain mystique et le corps, un rapport qu'il nous faut saisir si nous désirons connaître le sens réel de la mort mystique et de la résurrection.

Dans ce monde-ci, nous avons quatre règnes: minéral, végétal, animal et humain. On estime généralement que la vague de vie qui est devenue le genre humain a méthodiquement progressé à partir du règne minéral. Les enseignements ésotériques sont en accord avec cette théorie, mais avec certaines réserves. Ce qui est aujourd'hui notre Terre a précédemment passé par trois "incarnations" antérieures, respectivement appelées Périodes de Saturne, du Soleil et de la Lune. Quant à l'évolution de la Période actuelle de la Terre, elle se divise en deux phases, dont celle de Mars appartient au passé, alors que nous sommes en ce moment au début de celle de Mercure.

Pendant la période de Saturne, nous étions dans une condition semblable à celle des minéraux, car nous avions simplement le germe, une simple forme- pensée, de ce qui est maintenant devenu notre corps dense. Pendant la période du Soleil, notre condition était analogue à celle des plantes actuelles, car nous avions un début de corps physique, plus le germe d'un corps vital. Ainsi, nous avions des véhicules nous permettant de croître et

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de nous reproduire ce qui est le cas des plantes, et notre conscience était également celle du sommeil sans rêves. Pendant la période de la Lune, notre condition était analogue à celle des animaux, une "nature-désir" ayant été ajoutée aux véhicules antérieurs, ce qui nous a donné une conscience comparable à celle des animaux inférieurs, lesquels voient les choses, mais sont incapables de raisonner à leur sujet. Vers le milieu de la période de la Terre, nous avons reçu l'intellect, ce qui a fait de nous des êtres humains, bien qu'il ait fallu attendre pendant des âges avant que le cerveau soit formé et puisse servir d'instrument à la raison, instrument d'ailleurs loin d'avoir atteint la perfection, car même de nos jours, il n'est rien de plus difficile que de se rendre maître de ses pensées. Cependant, le jour viendra où nous pourrons nous servir de nos pensées comme nous le faisons maintenant d'une main ou d'un pied, et elles seront bien plus efficaces pour accomplir désirs ou souhaits que tous les instruments dont nous disposons aujourd'hui.

Toutefois, cet intellect rétif serait aussi inutilisable qu'un circuit télégraphique où l'électricité ne circulerait pas le long des fils pour actionner les instruments et délivrer des messages. C'est pourquoi l'esprit de l'homme réchauffe son sang et utilise sa chaleur pour produire des pensées et imposer l'action. Si vous voulez une preuve, imaginez que l'on puisse amputer un homme de ses bras et de ses jambes, lui couper la langue pour l'empêcher de parler, lui crever les tympans et les yeux pour qu'il ne puisse plus voir, ni entendre. Malgré toutes ces pertes, l'homme pourrait tout aussi bien penser qu'auparavant, et ses autres facultés n'auraient pas été affectées, parce qu'il pourrait encore respirer et que son sang circulerait encore dans ce qui reste de son corps. Au contraire, même si le corps est entier et robuste, il suffit de faire une petite incision et de laisser couler le sang d'une veine, ou jaillir d'une artère, pour que l'on se rende compte que la vie s'en va, que le corps

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devient faible, sans énergie. Si l'expérience se poursuit, le corps va bientôt mourir de cette hémorragie, l'Ego ne pouvant plus y fonctionner, ni s'en servir, faute de ce précieux liquide. C'est bien en vertu de ce fait que le texte massorétique de la Bible (Lévitique 17:11) dit que "l'âme de la chair est dans le sang", et c'est pourquoi Méphisto, dans le mythe de "Faust", a raison de dire que "le sang est une essence très spéciale". Il demande à Faust de signer avec son sang, sachant que quiconque détient le sang de quelqu'un exerce un pouvoir sur l'esprit qui l'a produit. C'est pour cette raison que, sous la loi de Moïse, le sang des sacrifices était traité avec le plus grand respect, et il était interdit aux enfants d'Israël d'en consommer.

Ceci nous montre que, tant que le sang ne s'était pas formé, l'esprit de l'homme ne pouvait vivre à l'intérieur de ses véhicules, mais planait au- dessus et les adombrait. On peut ajouter que, l'évolution se faisant par spirales, les animaux actuels ont des corps plus parfaits que nous n'en avions dans notre phase animale, car le sang rouge et chaud est une acquisition relativement récente.

Dans la Période de la Lune, où nous étions comparables à des animaux, nous étions encore plus ou moins indifférenciés, et les conditions du monde extérieur étaient également différentes. Pendant la vie intra-utérine, on distingue trois parties principales: l'une est le placenta, rempli du sang maternel, la seconde est le cordon ombilical qui conduit le courant vivifiant vers la troisième partie, le foetus qui, de cette façon, se développe jusqu'à ce qu'il puisse naître et vivre d'une existence séparée dans le monde extérieur.

De même, dans la Période de la Lune, le firmament pouvait être comparé à un immense placenta d'où pendaient des milliards de cordons ombilicaux aboutissant à des sortes de foetus, mais ce n'était pas du sang qui s'écoulait du placenta de Mère Nature vers la famille humaine en devenir. C'étaient des courants de passion et de désir produits par les ardents esprits Lucifer, et comme la somme de matière cosmique

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formant le corps de l'homme avait été modelée par les anges lunaires et était particulièrement sensible aux émotions, et l'est encore, la conscience de chacun a été stimulée par les images ainsi générées, au point de devenir un état de rêve.

Plus tard, au moment où l'esprit de l'homme est entré dans ses véhicules, le chef des anges, Jéhovah, souffla un esprit de vie dans ses narines (Genèse 2:7). Dès lors, tant que l'Ego vivra par la chaleur du sang, les esprits de race, de tribu et de famille seront des facteurs puissants de notre évolution, quoique invisibles. Ils vivent dans l'air que nous respirons, et c'est cela qui produit les différences de race, de type, de langage et de coutumes chez les diverses nations. Chacune d'entre elles évolue dans son propre esprit de race et reçoit son empreinte raciale. L'Ego de chaque individu est influencé par ces esprits de manière à aimer ses compatriotes et à détester ceux appartenant aux autres nations, car si les particularités infusées dans le sang ne sont pas conservées, l'esprit tutélaire perd son pouvoir sur la race ou la tribu qu'il conduit. Il enjoint donc à ses protégés de le considérer comme un dieu jaloux et de se bien garder de tout mariage en dehors du clan ou de la tribu en question. En cela, il ne diffère pas de l'esprit-groupe des espèces animales, qui s'efforce également de conserver la pureté de son espèce. Si des animaux d'espèce différente s'accouplent, il se produit une destruction partielle du sang par hémolyse, qui rend l'hybride incapable de se reproduire.

Tant que les humains se mariaient dans leur tribu ou leur petit clan, ils conservaient une phase particulière de clairvoyance, car le sang qui circulait dans les veines de la famille pendant des générations, contenait les images des vies des ancêtres. Ils se voyaient donc vivre à une époque bien antérieure à leur naissance, ce qui les faisait s'identifier à leurs aïeux, et cet état commun de vie antérieure constituait, entre les membres du clan, un lien extrêmement fort. C'est de cette ancienne condition que nous est venu le proverbe:

"Le sang est plus épais que l'eau".

L'esprit-groupe peut régler les rapports sexuels de ses protégés pour éviter des ramifications de son espèce, parce que les animaux n'ont ni intellect, ni volonté, ni choix, ni prérogative, mais les êtres humains sont

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périodiquement amenés à se réincarner par la loi irrésistible de cause à effet. Par conséquent, lorsque les mariages entre nations ont été institués, lorsque, comme l'exprime la Bible, "les fils de Dieu prirent pour femmes les filles des hommes" (Genèse 6:2), la seconde vue qui avait jusqu'ici identifié chaque membre d'une tribu avec sa famille a peu à peu fait place à une conscience strictement individuelle. Plus les mariages entre nations se multiplieront, moins l'esprit de tribu ou de nation aura d'influence sur les individus, et il est essentiel que nous en soyons libérés pour que l'humanité puisse devenir une fraternité universelle.

Pour le bien de l'humanité, il avait été nécessaire qu'elle soit séparée en nations et en tribus, chacune avec ses idéaux et ses idées, mais cette séparativité a nui à l'amitié universelle. Avant que la paix sur la terre et la bienveillance envers les hommes puissent être rétablies, les esprits de nations et de tribus devront être laissés de côté, l'homme devant se libérer de toute influence extérieure et, pour faire tomber les préjugés qui divisent les nations, rien ne vaut les mariages internationaux qui mélangent les sangs des différentes races en une essence commune contenant les idéaux de toutes les races, tout en étant libérée des influences séparatives des esprits de nations, de races ou de tribus. La paix sur terre et la bonne volonté envers les hommes devront devenir une réalité lorsque les nations de la terre auront été jetées dans le creuset et amalgamées en un unique type commun. Que l'on s'en rende compte ou non, nous sommes lentement, mais sûrement, guidés vers cet idéal.

Réaliser cet idéal a été, et est encore, la mission du Christ et, même si cela paraît paradoxal, les guerres elles-mêmes, que nous déplorons, contribuent à la réalisation de la Fraternité Universelle.

Mais comme le sang dans lequel vit l'esprit est lui-même un extrait de notre nourriture, ce facteur joue un grand rôle dans notre évolution. La qualité du sang varie selon la nourriture, et c'est pourquoi, pour

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comprendre la vraie signification du sacrement donné par le Christ lors de la dernière Cène, ou réunion ésotérique avec ses disciples, il nous faut voir quelle était notre nourriture au cours des différentes phases de notre évolution.

Les divers véhicules mentionnés au cours de cet article, corps dense, vital et du désir, ont été acquis par l'homme au cours des Périodes de Saturne, du Soleil et de la Lune, mais à ce moment-là ils étaient très primitifs, bien qu'ils se soient ensuite bien perfectionnés au cours de l'évolution. A l'heure actuelle, le corps dense est encore le seul qui soit bien organisé et utilisable comme instrument de l'esprit; quant aux véhicules dits supérieurs, ils sont encore à différents degrés d'inachèvement. Dans chaque Jour de création, ainsi que nous pourrions appeler les Périodes, il y a plusieurs spirales dans d'autres spirales, et dans chacune d'elles nos véhicules sont l'objet d'une attention accrue.

Pendant ces anciennes époques, de grandes Hiérarchies créatrices ont guidé chacun de nos pas. Rien n'était laissé au hasard, et la nourriture elle-même était choisie de manière à fournir à l'être humain les matières lui permettant de construire les véhicules de conscience nécessaires au développement de son âme. La Bible mentionne les phases successives de cette évolution, bien que Nemrod soit mal placé, car il n'a pas symbolisé les rois atlantéens d'avant le déluge, mais bien ceux qui ont suivi.

Au cous de l'époque Polaire, la première, lorsque ce qui est devenu notre Terre émergeait du chaos, la matière pure minérale est devenue partie constituante de l'homme, et c'est ainsi que la Bible dit qu'Adam a été formé du limon de la terre, du moins en ce qui concerne son corps dense.

L'époque Hyperboréenne, la deuxième, a été celle de l'adjonction et de la reconstruction du corps vital, donnant à l'homme une constitution comparable à celle de la plante, et Caïn , l'homme de cette époque, vivait des produits du sol (Genèse 4:2).

L'époque Lémurienne, la troisième, a été celle de l'évolution du corps du désir qui a rendu l'homme

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comparable à nos animaux actuels. Pour répondre à cette nouvelle situation, le lait , produit d'animaux vivants, a été ajouté à la nourriture de l'homme. Abel était berger, mais il n'est dit nulle part qu'il ait tué un animal.

Pendant les premières époques, la planète sur laquelle nous vivions était brûlante, et "Adm", qui est le nom hébraïque de l'humanité, signifie réellement "terre rouge", parce que la matière minérale terrestre dont étaient faits les corps était presque en feu. La chaleur dégagée par notre globe, d'une part, et le froid de l'espace, d'autre part, produisaient un très épais brouillard, dans lequel vivaient les premiers habitants de notre monde. Dans les anciens écrits, cette race humaine était appelée "Niebelungen", ce qui signifie "enfants du brouillard". Ils étaient incapables de se voir mutuellement en contours clairs et nets, comme nous le faisons de nos jours, mais ils se percevaient d'âme à âme et se considéraient comme les enfants d'un Père Céleste qui les guidait sur le chemin de l'évolution.

Mais ces conditions ont changé au cours de la quatrième époque, celle de l'Atlantide, où l'homme a reçu un intellect. La pensée use les tissus, alors que les désirs et les émotions épuisent le corps. Plus la pensée est inférieure et matérialiste, plus les dégâts sont importants, et plus le besoin d'albumine s'accroît par rapport au régime ancien. Ainsi, la nécessité, mère de l'invention, a entraîné l'habitude répugnante de se nourrir de viande, et tant que nous continuerons à penser d'une manière purement matérialiste, la nourriture carnée sera nécessaire. Le mental inférieur est plus rusé que raisonnable, et cette faculté de ruse, pour s'exprimer, exige une abondance de viande. Les Indiens d'Amérique, qui vivaient presque entièrement de viande, sont un exemple de cette relation entre le régime carné et l'extrême astuce des créatures douées d'un mental. Donc, lors de l'acquisition de l'intellect, la viande a été donnée à l'homme pour nourrir cet organe et favoriser le

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développement de sa ruse, et c'est ainsi que la Bible nous apprend que Nemrod était un grand chasseur Genèse 10:8-10, Michée 5:5).

A cette époque, les brouillards de l'Atlantide tendaient à se condenser en pluie qui s'amoncelait dans les bas-fonds et forçait les habitants à monter de plus en plus haut. En même temps, un grand changement physiologique se produisait chez l'homme en vue de l'adapter aux nouvelles conditions atmosphériques. Les branchies qui lui avaient permis jusqu'ici de respirer l'air chargé d'humidité de l'Atlantide et qui se retrouvent de nos jours chez le foetus, ont graduellement disparu, leurs fonctions ayant été assumées par les poumons. D'autre part, l'air pur qui passait par le larynx a permis à l'Ego, jusqu'ici muet dans sa prison de chair, de s'exprimer en paroles, ainsi qu'en action.

L'homme s'est alors vu pour la première fois comme une entité séparée; également pour la première fois, l'arc-en-ciel s'est profilé sur un nuage pluvieux. Une alliance s'est conclue pour cet Age de l'arc-en-ciel avec les êtres qui guidaient l'homme; il lui a été donné un certain libre arbitre et des prérogatives, mais en même temps il est devenu responsable de ses actes sous le régime de la loi de cause à effet, si bien qu'aujourd'hui il récolte ce qu'il sème. Sa vue spirituelle a peu à peu diminué, et le voile de la chair s'est épaissi entre lui et les anges gardiens. Ne voyant plus que des formes animales et humaines, menaçantes pour la plupart, il a vécu dans la crainte, et il a fallu lui donner un nouvel aliment pour le rendre plus vaillant dans sa lutte pour la vie et pour lui permettre de s'affirmer.

Pour aider à l'évolution des véhicules de l'homme, un aliment approprié lui a été donné à chaque phase de son développement. Un véhicule tel que notre corps physique, composé d'éléments chimiques, ne peut être nourri qu'à l'aide de ces éléments. De même, pour agir sur l'esprit, un esprit est nécessaire, et c'est pourquoi le vin a été ajouté à la nourriture de l'homme pour l'aider à rompre les lourdes molécules de la chair et lui fournir un stimulant dans sa lutte pour la vie. C'est ce que nous lisons dans l'histoire de Noé (Genèse 9:20) qui, avec ceux

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qui l'ont suivi, représente l'humanité de l'ère de l'arc-en-ciel, où un régime mixte accompagné de vin a fourni la nourriture nécessaire pendant cette phase de l'évolution.

Fortifié par le mental nourri de chair et par l'esprit de l'alcool, l'homme s'est écarté de plus en plus du sentier de la fraternité, car en se nourrissant de la chair des animaux, il est devenu nécessairement féroce comme une bête de proie et, d'instinct, il s'est acharné sur tous les autres humains. Tant que durait le système, institué par Jéhovah, des mariages consanguins ou avec des membres du même clan, il témoignait au moins de l'affection à ces derniers, mais depuis que les mariages entre nations l'ont détaché jusqu'à un certain point de l'esprit de race, il dépouille les autres chaque fois qu'il le peut, et même les membres de sa famille.

Il n'y a pas de limites à son égoïsme, rien n'est plus à l'abri de sa convoitise, et chacun craint d'être dépouillé par les autres. En outre, la boisson qui réjouit les hommes ne le fait qu'occasionnellement, et il n'y a ni repos, ni paix durable, ni bonheur sur le sentier des passions et du laisser- aller. Vient alors un temps où l'homme n'aspire plus qu'à une chose: être pour toujours délivré de ses peines. C'est alors qu'il commence à rechercher le sentier de la paix, qui est aussi celui de la pureté et du sacrifice de soi. Le mystère du Calvaire (Golgotha) lui est alors révélé, ainsi que celui du sang purificateur et de la Rose-Croix, comme suit:

"Purifier le sang des hommes de leur égocentrisme, tel est le mystère du Calvaire (Golgotha); il a commencé quand le sang de Jésus a coulé. Il a continué sous la forme des guerres entre nations chrétiennes chaque fois que les hommes ont combattu pour un idéal; il durera jusqu'à ce que, par contraste, les horreurs de la guerre aient suffisamment impressionné les humains pour leur faire préférer la fraternité.

"Au-dessous de nous, dans l'échelle de l'évolution, sont les plantes, et les animaux; au-dessus de nous sont les dieux. Anatomiquement, nous appartenons au règne animal et nous avons vécu en dessous du niveau prévu. Comme les animaux, nous avons satisfait nos désirs sexuels et nos appétits; mais alors que dans le règne

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animal ils sont limités par la sagesse de l'esprit-groupe, nous n'avons opposé aucune restriction à nos appétits, et c'est pourquoi la maladie, les peines et la souffrance sont notre lot. Nous aspirons maintenant à fouler le sentier de la paix, qui conduit à la félicité sereine des dieux. Pour y parvenir, il nous faut prendre exemple sur les plantes, qui sont pures et sans passion.

"Songez à l'ancien Temple atlantéen des Mystères, appelé le "Tabernacle dans le désert". Lorsque, au temps reculé de ce lointain régime, la chair offerte en expiation des péchés brûlait sur l'autel des holocaustes, la puanteur qui s'en dégageait montait vers le ciel, attestant la nature nauséabonde des passions, des transgressions et de l'impureté. Mais à l'intérieur même du Tabernacle se trouvait le chandelier à sept branches, où brûlait, sans émettre d'odeur désagréable, l'huile d'olive.

"Toute chair est conçue dans la passion et le péché, mais la génération de la plante est pure et immaculée. C'est pourquoi la fleur odorante , spécialement la rose rouge, est le symbole diamétralement opposé à la chair souillée. La fleur est l'organe générateur de la plante; elle nous enseigne que la conception immaculée, dans l'amour et la pureté, est le sentier vers la paix et le progrès. Lors de la dernière Cène avec les disciples, le Christ a pris la coupe comme symbole de la nouvelle alliance; il leur a donné à manger le pain qui symbolisait son corps, alors que la coupe symbolisait son sang. Cette coupe n'était pas un vase ordinaire dans lequel on pouvait verser n'importe quel liquide, ce ce n'était pas non plus le liquide qui pouvait, à lui seul, servir à ratifier la nouvelle alliance. Le mystère réside dans le fait que la coupe et son contenu formaient les parties intégrantes et nécessaires d'un Tout sublime . Le nom latin de cette coupe mystique était "calix", en français calice; en grec, il était appelé "poterion".

Sous l'ancienne alliance, l'eau était seule utilisée dans le service du Temple, mais par la suite le vin est devenu

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un facteur nécessaire de l'évolution humaine. Bacchus, dieu du vin, a été adoré, et des orgies des plus dépravées ont eu lieu en vue de noyer l'esprit supérieur pour qu'il s'applique à conquérir le monde physique.

Même sous la loi de Moïse, il était strictement interdit aux prêtres d'utiliser du vin pour officier dans le Temple, mais le Christ, lors de son premier acte en public, a changé l'eau en vin , ratifiant ainsi son usage dans l'ordre des choses de l'époque (Jean 2:9 et 4:46). Notons bien, toutefois, que ce miracle a été accompli en public , mais que lors du dernier entretien ésotérique du Christ avec ses disciples, lorsqu'il a établi la nouvelle alliance, il n'y avait ni chair d'agneau (Bélier) comme l'exigeait la loi mosaïque, ni vin, mais uniquement le pain, produit végétal, et la coupe, dont nous allons parler après avoir pris note des mots prononcés par le Christ à cette occasion:"Je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu'à ce que je le boive nouveau avec vous dans le Royaume des cieux" (Matthieu 26:29, Marc 14:25, Luc 22:17-18). Le jus de raisin, fraîchement pressé, ne contient pas d'esprit de fermentation et de corruption, et c'est une boisson nourrissante et pure. C'est donc ainsi que le Christ a donné à ses disciples ésotériques l'instruction de s'en tenir à un régime sans viande ni alcool (Romains 14:21, I Corinthiens 8:8-13).

On suppose généralement que la coupe utilisée par le Christ lors de la dernière Cène contenait du vin, bien que cela ne soit mentionné dans aucun texte biblique. Nous possédons trois relations des préparatifs en vue de cette cérémonie. Alors que Marc et Luc écrivent que les messagers ont reçu l'ordre de se rendre dans une certaine ville et d'y rencontrer un homme porteur d'une cruche d'eau , aucun des quatre évangiles ne dit que la coupe ait contenu du vin.

En outre, des recherches dans la Mémoire de la Nature ont révélé que c'est bien l'eau qui a été employée et que, pour les aspirants ésotériques, le vin avait eu son temps. C'est aussi cet acte qui a marqué le début des mouvements anti-alcooliques, car des changements cosmiques tels que celui-ci exigent de longs préparatifs dans les mondes intérieurs avant de se manifester dans la société humaine. Pour de tels changements, des milliers d'années ne sont pas de trop.

L'emploi de l'eau à la dernière Cène concorde également avec les exigences astrologiques et morales. Le point

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vernal du Soleil allait bientôt quitter le Bélier, signe de l'Agneau, pour entrer dans le signe d'eau des Poissons. Une nouvelle note plus élevée devait résonner, une nouvelle phase de l'évolution humaine devait se manifester pendant l'ère des Poissons qui approchait alors. Au lieu de se laisser aller à ses appétits, l'homme devait apprendre le renoncement.

Le pain, facteur essentiel de vie, formé à partir du grain immaculé, ne nourrit pas les passions comme le fait la viande, et notre sang, lorsqu'il est dilué dans de l'eau , ne bouillonne pas avec la passion que lui communique le vin. Ainsi, le pain et l'eau sont la nourriture et la boisson qui conviennent à l'ère de l'axe Poissons-Vierge. Ils représentent la pureté, et l'Eglise Catholique offre à ses fidèles l'eau bénite du signe des Poissons , à la porte des églises, et le pain , ou hostie, du signe de la Vierge , à l'autel , mais pas de vin. Toutefois, les conditions précédentes ne nous conduisent pas encore au coeur du mystère caché dans la Coupe de la Nouvelle Alliance .

L'ancienne coupe de vin , reçue lors de notre entrée dans l'"Aryana", le pays de la génération, était remplie de germes de destruction, de poison et de mort, et le Verbe que nous avions appris à prononcer est mort et dénué de tout pouvoir. La nouvelle coupe de vin , présentée comme un idéal pour la future sixième Epoque ou Nouvelle Galilée (à ne pas confondre avec l'ère du Verseau) est un organe éthérique se formant dans la tête et la gorge, grâce à la force sexuelle inutilisée. Au regard du clairvoyant, cet organe apparaît comme la tige d'une fleur qui prendrait racine dans la partie inférieure du tronc. Le calice, ou coupe des semences , est en réalité un organe créateur, capable de prononcer le Verbe de Vie et de pouvoir .

Notre langage actuel s'élabore péniblement par des mouvements musculaires qui ajustent ensemble le larynx, la langue et les lèvres de manière à ce que l'air provenant des poumons produise certains sons. Mais l'air est un

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instrument lourd, difficile à mettre en mouvement, si on le compare aux forces plus subtiles de la nature, telle que l'électricité qui se meut bien plus rapidement dans l'éther. Une fois que l'organe en question aura été développé, il aura le pouvoir de prononcer le Verbe de Vie, d'infuser de la vitalité dans des substances précédemment inertes. C'est en rendant service que nous construisons actuellement cet organe .

Notons bien que le Christ n'a pas donné le calice à la multitude, mais à ses disciples, messagers et serviteurs de la Croix. Ceux qui, de nos jours, boivent à la coupe du renoncement afin de pouvoir dépenser leur énergie à servir leurs semblables, construisent cet organe, en même temps que le "corps de l'âme" ou robe nuptiale. Ils apprennent déjà à se servir, dans une faible mesure, de ce nouvel organe en qualité d'aides invisibles lorsque, la nuit, ils sont hors de leur corps. Ils sont, alors, dans l'obligation de prononcer la parole salvatrice qui enlève la maladie et reconstruit des tissus sains.

Lorsque l'ère Atlantéenne arrivait à son déclin, et que les humains abandonnaient les bas-fonds où ils avaient vécu leur enfance sous la tutelle directe d'instructeurs divins, l'ancienne alliance a été conclue, qui leur apportait à la fois la viande et le vin, et ces deux produits, avec l'emploi sans retenue de la force sexuelle, ont fait de l'ère Aryenne un âge de mort et de destruction. Nous sommes sur le point de sortir de cette ère de cruauté et nous nous préparons pour le Royaume des cieux, la "Nouvelle Galilée". C'est à cet effet que le Christ nous a donné l'eau et le pain de vie , tout en nous enjoignant de nous abstenir de la luxure. Après avoir conclu cette nouvelle alliance, il est monté sur la croix de la libération, laissant derrière lui le corps de mort , pour s'élever dans un véhicule de vie , le corps vital. Il a donné à ses disciples l'assurance que, même s'ils ne pouvaient le suivre tout de suite, ils le rencontreraient plus tard. Nous sommes tous des Christs en devenir, et un jour viendra qui sera pour chacun de nous celui de "Pâques".



Chapitre 32
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