A l'heure actuelle, il y a beaucoup de personnes qui jugeant d'après les signes des temps, s'imaginent que le retour du Christ est imminent, aussi l'attendent-elles avec une joyeuse espérance. Toutefois, selon l'opinion de l'auteur, bien que les "choses qui doivent d'abord se produire" ne soient pas encore manifestées sur de nombreux points importants, nous ne devons pas oublier que le Christ nous a prévenus en disant que "comme il en était aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il au jour du Fils de l'homme". Alors ils buvaient, mangeaient, se mariaient et étaient donnés en mariage jusqu'au moment où le déluge est descendu sur eux pour les engloutir. Quelques-uns seulement ont été sauvés, aussi, lorsque nous prions en vue de l'avènement du Christ, nous ferons bien d'être vigilants, de peur que nos prières ne soient exaucées avant que nous ne soyons prêts, car selon ses paroles, "le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit" (Matthieu 24:37-44).
Mais il y a encore un autre danger, un très grand danger qu'il nous a fait remarquer en disant: "Il y aura de faux Christs (...) et ils séduiront même les élus, si c'est possible". Nous sommes donc prévenus que si l'on nous dit: "Le Christ est ici, ou là dans le désert", nous ne devons pas y aller, car nous serons certainement induits en erreur (Marc 13:5-32).
Mais, d'autre part, comment savoir, à moins de faire des recherches? Ne risquons-nous pas de rejeter le Christ en refusant d'écouter tous les prétendants et en jugeant chacun selon ses mérites? En examinant les directives de la Bible sur ce point, elles nous semblent déconcertantes et allant à l'encontre du but recherché, aussi la question "comment reconnaître le Christ lors de son retour" est toujours d'actualité. Nous avons publié une brochure sous ce titre, devenu le dernier chapitre de "Les Grandes Forces de la Nature" (tome 2 du présent ouvrage).
Le Christ nous dit que certains de ces faux Christs feront des miracles et des prodiges. Il a toujours refusé de prouver sa divinité de cette façon vulgaire lorsque les scribes et les pharisiens le lui demandaient, car il savait que les phénomènes ne font qu'exciter le sens du merveilleux et aiguiser davantage la curiosité. Ceux qui assistent à de telles démonstrations sont parfois sincères dans leurs efforts pour convaincre les autres, mais généralement ils rencontrent une attitude d'esprit qui signifie en substance: "Vous dites que vous avez vu un tel faire telle ou telle chose. Bon, moi aussi je suis disposé à être convaincu s'il veut bien m'en donner la preuve".
Mais même en supposant qu'un Maître accepte de prouver son identité, qui donc, parmi la multitude, est qualifié pour juger de la validité de la preuve? Personne, assurément, car qui reconnaît le signe du Maître en le voyant? Le signe du Maître n'est pas un phénomène pouvant être nié ou élucidé par les sophistes, et ce n'est pas non plus une chose qu'un Maître puisse montrer ou cacher selon son désir, ni prendre ou mettre de côté à volonté. Il est obligé de le porter constamment sur lui comme nous portons nos bras et nos jambes. Il serait tout aussi impossible de cacher le signe du Maître à ceux qui sont qualifiés pour le voir, le connaître et le juger, qu'il le serait pour nous de cacher nos membres à quiconque possède la vue physique. Par ailleurs, comme le signe du Maître est de nature spirituelle, il doit être spirituellement perçu, et c'est pourquoi il serait tout aussi impossible de montrer le signe du Maître à ceux qui ne possèdent pas la vue spirituelle, que d'attirer l'attention d'un aveugle sur une forme physique.
C'est pourquoi nous lisons: "Une génération méchante et adultère demande un miracle, mais il ne lui en sera point donné" (Matthieu 16:4). Un peu plus loin, dans le même chapitre 16 de Matthieu, nous voyons le Christ demander à ses disciples: "Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l'Homme?" La réponse a montré que, même si les Juifs voyaient en lui un être supérieur, tel que Moïse, Elie ou l'un des prophètes, ils étaient incapables de reconnaître sa vraie personnalité. Ils ne parvenaient pas à voir le signe du Maître, sinon ils n'auraient pas eu besoin d'autres témoignages.
Se tournant vers ses disciples, le Christ leur demanda: "Et vous, qui dites- vous que je suis?" et Pierre, prenant aussitôt la parole avec conviction, répondit: "Tu est le Christ, le fils du Dieu vivant". Il avait vu le signe du Maître et il savait de quoi il parlait, indépendamment de tout phénomène ou circonstance extérieure, ainsi que l'a fait remarquer le Christ, le fils du Dieu vivant". Il avait vu le signe du Maître et il savait de quoi il parlait, indépendamment de tout phénomène ou circonstance extérieure, ainsi que l'a fait remarquer le Christ en disant: "Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, mais c'est mon Père qui est dans les cieux". En d'autres termes, la perception de cette grande vérité dépend d'une aptitude intérieure.
Ce qu'était cette aptitude et ce qu'elle est encore aujourd'hui, les paroles du Christ nous l'apprennent: "Et mois je te dis que tu es Pierre (Petros, un rocher) et que sur cette pierre (Petra) je bâtirai mon Eglise".
En parlant de la multitude matérialiste des Juifs, le Christ dit: "Une génération méchante et adultère demande un miracle, mais il ne lui sera donné d'autre miracle que celui du prophète Jonas" (Matthieu 16:4). Ces paroles ont provoqué, bien plus tard, de nombreuses conjectures parmi les non moins matérialistes Chrétiens. Certains ont soutenu qu'une vraie baleine avait avalé le prophète et l'avait ensuite déposé sur le rivage. Les Eglises ont été divisées sur cette question, ainsi que sur d'autres aussi ridicules. Mais en consultant les annales de la Mémoire de la Nature, nous trouverons une explication qui satisfera le coeur sans contrarier le mental.
Cette grande allégorie, comme tant d'autres mythes, se trouve inscrite sur la voûte céleste, car elle s'est réalisée dans les cieux avant de l'être sur terre. Parmi les constellations, nous voyons toujours encore "Jonas, la Colombe", et "Cetus, la Baleine", mais nous parlerons plutôt de l'application terrestre de ce mythe que de sa phase céleste.
"Jonas" signifie colombe, symbole bien connu comme étant le Saint-Esprit. Au cours des trois "jours" écoulés de la Période de la Terre, comprenant les révolutions de Saturne, du Soleil et de la Lune, ainsi que des "nuits" intermédiaires, le Saint-Esprit et les Hiérarchies Créatrices ont oeuvré dans le Grand Abîme, perfectionnant les parties intérieures de la Terre et de l'homme, éloignant le poids mort de ce qui est devenu la Lune. Alors, vers le milieu de l'époque Atlantéenne, la Terre est sortie de la phase humaine de son développement, et c'est ainsi que Jonas, l' "Esprit-Colombe", a réussi à sauver la plus grande partie de l'humanité.
Ni la Terre, ni ses habitants, n'étaient capables de maintenir leur équilibre dans l'espace, et c'est pourquoi le Christ cosmique a entrepris de travailler avec nous et sur nous. Finalement, lors du Baptême, il est descendu comme une colombe (non pas sous la forme d'une colombe, mais comme une colombe) en l'homme qu'était Jésus. Et de même que Jonas, la colombe du Saint-Esprit, est restée trois jours et trois nuits dans le Grand Poisson (la Terre submergée par l'eau) ainsi à la fin de notre pèlerinage d'involution dans la matière, l'autre colombe, le Christ, a dû entrer dans le coeur de la Terre pour les futurs trois jours et trois nuits (trois révolutions) afin de nous donner l'impulsion nécessaire sur le chemin de l'évolution. Il doit nous aider à éthériser la Terre en vue de la préparer pour la période de Jupiter.
Au moment de son baptême, Jésus est ainsi devenu un "Fils de la Colombe", et il a été reconnu comme tel par un autre "Simon bar Jonas" (Simon, fils de la Colombe). Après avoir été ainsi reconnu à ce signe, le Maître appelle Simon un rocher, une pierre de soubassement, et lui promet les "clés du ciel" (Matthieu 16:19). Ce ne sont pas là des mots vides de sens ou des promesses en l'air, car ces paroles se rapportent à des phases de développement psychique par lesquelles chacun devra passer, si ce n'est déjà fait.
Quel est donc ce "signe de Jonas" que le Christ portait en lui, qui est visible à tous ceux qui sont capables de le voir, sinon la "demeure céleste" (II Corinthiens 5:2) dont Paul souhaitait être revêtu? N'est-ce pas cet admirable "trésor" (Matthieu 6:20) où les nobles actions de nombreuses vies brillent et scintillent comme des pierres précieuses? Chacun de nous possède sa petite "demeure céleste", et Jésus, l'être pur et saint par excellence, était probablement splendide à voir, mais que dire de l'éclat du glorieux véhicule du Christ lorsqu'il est descendu dans le corps de Jésus? Cela ne nous donne-t-il pas une idée de l' "aveuglement" de ceux qui demandaient un miracle?
Même parmi ses autres disciples, le Christ a trouvé le même aveuglement spirituel. "Montre-nous le Père", disait Philippe, oubliant la mystique Trinité dans l'Unité qui aurait dû lui être évidente. Toutefois, Simon avait immédiatement compris parce que, par l'alchimie spirituelle, il avait lui- même développé ce "Petros" spirituel, ou pierre philosophale, qui lui donnait droit aux "clés du Royaume", ou initiation rendant utilisables les pouvoirs latents que le candidat développe par le service.
Nous voyons que ces "pierres" pour le "temple non construit de main d'homme" passent par une évolution, ou degré de préparation. Premièrement, il y a "Petros", le diamant brut dans sa gangue, c'est-à-dire tel qu'on le trouve dans la nature. Si nous pouvons lire avec notre coeur ce passage de I Corinthiens 10:4 "et tous ont bu le même breuvage spirituel; ils buvaient en effet à un rocher spirituel (Petros) qui les accompagnait, et ce rocher, c'était le Christ", cette citation nous éclairera à ce sujet. Petit à petit, bien lentement, nous avons été imprégnés de cette eau vitale qui jaillit du grand rocher. Nous avons été polis comme des galets, comme des "Lithoï zôntès" (pierres vivantes) destinées à être groupées avec la Grande Pierre rejetée par les constructeurs (Matthieu 21:42), et quand nous aurons bien oeuvré jusqu'au bout, nous recevrons finalement dans le Royaume, le joyau le plus précieux de tous, la "psêphos leukê" (pierre blanche) avec le nouveau Nom (Apocalypse 2:17).
Il y a donc trois étapes dans le développement de la "Pierre du Sage": tout d'abord Petros, le rocher dur et rude; ensuite Lithos, la pierre polie par le service et sur laquelle on peut écrire, et enfin "Psêphos leukê", la blanche pierre tendre qui attire à elle tous ceux qui sont "fatigués et chargés" (Matthieu 11:28). Beaucoup de choses au sujet de la nature et de la composition de la pierre à chaque étape de son développement ne sont pas exprimées et ne peuvent être écrites; il faut les lire entre les lignes.
Si nous espérons construire le Temple vivant avec le Christ dans son Royaume, nous ferons bien de nous préparer pour être à la hauteur des circonstances, et alors nous connaîtrons à la fois le Maître et le signe du Maître.
![]()
| Chapitre 03 Table des Matières |
![]()