De temps à autre, suivant apparemment une loi périodique, les mêmes difficultés surviennent dans l'esprit des étudiants. A un certain moment, des lettres arrivent de différentes parties du monde pour demander des précisions sur un même sujet, à un autre moment sur un sujet différent, mais après quelques années, les mêmes sujets reviennent sur le tapis. Alors que nous aidons ceux qui nous posent eux-mêmes ces questions, il se peut donc que beaucoup d'autres soient intéressés au même moment; de là cette leçon sur la mort de l'âme qui semble préoccuper les esprits, peut-être parce qu'en ces temps de guerre la mort du corps est si commune et si fréquente.
Il y a quelques années, en mars 1912, nous avions publié une leçon sur"Le péché impardonnable et les âmes perdues" (voir chapitre 7, Glanes d'un Mystique, tome II de cet ouvrage) et leur rapport avec les sacrements. Dans cette leçon, nous avions dit que tous les sacrements se référaient à la transmission des atomes-germes qui forment les noyaux de nos différents corps. Le germe de notre corps terrestre doit être placé de la bonne manière dans un sol fertile pour faire croître un véhicule utilisable et pour cette raison, comme l'indique la Genèse (1:27) "Il les créa homme et femme". Les mots hébraïques sont "Sacr va N'cabah", qui sont les noms des organes sexuels. Littéralement traduit, Sacr signifie "porteur de germe"; ainsi le mariage est un sacrement, car il permet la transmission de l'atome-germe physique du père à la mère et tend à préserver la race humaine des ravages de la mort.
En tant que sacrement, le baptême signifie l'aspiration germinale de l'âme à une vie plus élevée, l'implantation d'une semence spirituelle.
La communion est le sacrement par lequel nous partageons le pain provenant de la semence de plantes chastes et dans lequel la coupe symbolisant le calice suggère l'âge futur, un âge où le mariage ne sera plus nécessaire pour transmettre la semence par père et mère, mais où nous pourrons directement nous alimenter de la vie cosmique et ainsi vaincre la mort.
Enfin l'extrême-onction est le sacrement qui marque la rupture de la corde d'argent et l'extraction du germe sacré en attendant qu'il soit placé dans une nouvelle N'cabah, ou mère.
Comme la semence et l'ovule sont à la base du développement du genre humain, on comprendra aisément qu'aucun péché n'est aussi sérieux que d'abuser des fonctions créatrices, car par ce sacrilège nous bloquons le développement des générations futures et nous transgressons la loi du Saint-Esprit, Jéhovah, qui est le gardien de la force lunaire créatrice. Ses anges nous annoncent les naissances, comme dans le cas d'Isaac, Jean-Baptiste et Jésus. Afin de récompenser Abraham, son plus fidèle serviteur, Jéhovah lui a promis de rendre sa semence (postérité) aussi nombreuse que les grains de sable du rivage. Il a également envoyé le châtiment le plus sévère aux Sodomites qui avaient commis le sacrilèges de mésuser de la semence, et le péché d'Onan qui la gaspillait est aussi un sacrilège du même genre.
Il est dit dans la Bible qu'il était défendu aux hommes de manger du fruit de l'arbre de la connaissance sous peine de mort, mais au lieu d'attendre patiemment que les conditions planétaires soient favorables, Adam connut Eve, et depuis ce temps la parturition se fait dans la douleur et les enfants sont exposés à mourir prématurément. Ainsi, l'abus de ces fonctions sacrées pour satisfaire la nature passionnelle, et particulièrement la perversion, tout cela est reconnu par les ésotéristes comme étant le péché impardonnable. C'est à cela que Jean fait allusion lorsqu'il écrit (I Jean 5:16): "Il y a un péché qui mène à la mort; ce n'est pas pour ce péché-là que je vous dis de prier".
Mais des recherches occultes ont montré que dans ce cas, ainsi que dans toutes les autres formes de menaces de l'enfer, Dieu et la Nature sont bien plus cléments et misécordieux à l'égard des humains, que ces derniers envers leur prochain. Quoique la justice rétributive punisse sévèrement ceux qui ont vécu des vies de péché et de vice, il a été constaté qu'il ne se produit rien d'aussi sérieux que la "mort de l'âme". Pour autant que nous ayons pu l'apprendre, seul, le magicien noir qui abuse intentionnellement de la semence à des fins maléfiques risque une chose aussi terrible, et il ne serait pas utile de s'étendre sur un pareil sujet s'il ne pouvait jeter quelque lumière sur d'autres questions intéressant nos étudiants.
Pour bien comprendre ce qui va suivre, nous devons nous rappeler les définitions exactes des termes esprit, âme et corps, tels qu'ils sont donnés dans la "Cosmogonie". Il y est dit qu'au début de la Manifestation, l'Esprit Vierge, étincelle de la Divinité, s'est enveloppé d'un triple voile de matière-esprit, devenant ainsi l'Ego.
L'Esprit triple projetait une ombre triple dans le monde de la matière, et c'est ainsi que le corps dense s'est développé comme une contrepartie de l'esprit divin, le corps vital comme une réplique de l'esprit vital, et le corps du désir comme l'image de l'esprit humain. Finalement, et ceci est très important, le lien de l'intellect s'est formé entre l'esprit triple et le corps triple, marquant ainsi le début de la conscience individuelle et le point où se termine l'involution de l'esprit dans la matière et où commence le processus de l'évolution qui doit élever l'esprit hors de la matière. L'involution entraîne la cristallisation de l'esprit dans des corps, alors que l'évolution est basée sur la dissolution des corps, l'extraction de la substance animique de ces corps et sur l'amalgamation alchimique de cette âme avec l'esprit.
Au début de l'évolution, l'homme n'était constitué que d'un esprit et d'un corps; il était sans âme, mais depuis lors, chaque vie vécue sur terre à l'école de l'expérience lui a procuré plus ou moins d'âme, selon l'usage qu'il faisait des occasions de progresser qui se présentaient, ce que l'on peut constater autour de soi dans les divers degrés qui vont du primitif jusqu'au saint. C'est donc de la perte de l'âme qu'il s'agit dans l'expérience décrite ci-dessus sous le nom de "mort de l'âme". Quant à l'esprit, étincelle divine sans commencement ni fin, il ne peut jamais mourir. Alors, comment la mort de l'âme peut-elle se produire, et quelle est la signification réelle de cette expression? L'auteur n'aime pas s'étendre sur un tel sujet, mais comme nous l'avons déjà dit, à cause des éclaircissements importants qui en découlent pour l'avancement spirituel, nous donnerons les explications nécessaires.
Nous venons de voir que l'esprit triple avait formé dans la matière un corps triple et que le but de l'évolution est l'extraction de l'âme triple hors du corps triple et son amalgamation avec l'esprit triple. Maintenant, notez bien ce qui va suivre, car c'est l'importante clé de tout le problème, un renseignement très précieux qui vous aidera à mieux comprendre le sujet que cela ne vous était possible jusqu'ici. Dans la littérature occulte, on parle beaucoup du "Sentier", mais quoique, pour l'initié déjà au courant, les allusions à ce qu'il est et au lieu où il se trouve soient nombreuses, ces précisions n'ont jusqu'ici jamais été données aux étudiants exotériques. Paul nous dit (Romains 8:6) que "l'affection de la chair est la mort, et que celle de l'esprit, c'est la vie et la paix". C'est l'exacte vérité, car l'intellect, qui est le lien entre l'esprit et le corps, est le Sentier ou le pont, seul moyen de transmission de l'âme à l'esprit. (Pour la compréhension de ce passage, il est utile de préciser que, là où les Bibles françaises disent "affection" ou "désir", l'anglaise dit "carnally minded" et "spiritually minded", ce que l'on pourrait rendre par "avoir l'intellect charnel, c'est la mort, mais avoir l'intellect spiritualisé, c'est la vie et la paix". En effet, le mot anglais "mind" est rendu dans notre littérature par le français "intellect"). Tant que l'homme a son "mental charnel" et qu'il dirige son attention sur les succès matériels en vivant selon le dicton "Mangeons, buvons et soyons joyeux, car demain nous mourrons" ( Luc 17:28), toutes ses activités sont concentrées sur la partie inférieure de son être, qui est la personnalité; il vit et meurt comme les animaux, sans avoir conscience de l'attraction magnétique de l'esprit. Mais à la longue, il vient un temps où les aspirations spirituelles sont ressenties et où la personnalité aperçoit la lumière et se met à la recherche de son Moi supérieur, de l'autre côté du "pont" de l'intellect. Et comme la chair et le sang ne peuvent hériter du Royaume de Dieu, le corps est crucifié pour que l'âme puisse être libérée et rejoindre son Père céleste, l'esprit triple ou Moi supérieur.
Ceci est du moins la tendance générale, mais il y a malheureusement des exemples du contraire, où la personnalité inférieure est tellement engagée dans le matérialisme, et l'intellect si étroitement attaché à ses véhicules inférieurs que la personnalité refuse de se sacrifier pour l'esprit. Il en résulte que le pont de l'intellect est finalement rompu. La personnalité privée d'âme peut encore vivre pendant des années après cette séparation et peut alors perpétrer les actes les plus outrageusement cruels et rusés jusqu'à ce qu'elle succombe. La magie noire qui comporte l'utilisation pervertie de la semence obtenue d'autres personnes est généralement pratiquée par ces personnes sans âme dans le but de satisfaire leurs désirs démoniaques. Il arrive souvent qu'ils obtiennent le pouvoir dans une nation ou une communauté qu'ils prennent plaisir à détruire.
Pendant ce temps, l'esprit reste nu; il n'a point d'atomes-germes lui permettant de créer de nouveaux corps et, par conséquent, il se met à graviter vers la planète Saturne et de là dans le Chaos où il devra rester jusqu'à l'aube d'un nouveau Jour de Manifestation. A première vue, il pourrait paraître injuste que l'esprit doive ainsi souffrir sans avoir commis d'actes pervers, mais à la réflexion, il est évident que, la personnalité étant une créature du Moi supérieur, la responsabilité existe et ne peut être éludée. Toutefois, de tels cas deviennent de plus en plus rares à mesure que nous avançons sur le sentier de l'évolution. Néanmoins, il importe que chacun de nous se tourne résolument vers le but, afin que la lumière sur le sentier conduisant à notre idéal spirituel, l'union avec le Moi supérieur, puisse devenir de jour en jour plus intense.
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| Chapitre 07 Table des Matières |
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