Tous ceux qui ont étudié les enseignements rosicruciens savent que, comme
esprits, nous sommes immortels, sans commencement ni fin, que nous avons fréquenté la grande école de l'expérience durant de nombreuses journées de vie dans le passé, chaque fois revêtus d'un nouveau corps d'enfant de plus en plus parfait, dans lequel nous vivions pour un temps variant entre quelques heures et toute une vie.
Durant chaque jour passé à cette école, nous avons rencontré d'autres esprits et formé des liens d'amitié et de haine. Dans les vies suivantes, nous nous sommes de nouveau rencontrés de manière à pouvoir liquider les dettes de destinée ainsi encourues. Ainsi, les amis d'aujourd'hui sont ceux dont nous avons fait la connaissance dans une vie précédente, et nos ennemis sont ceux avec qui nous n'étions pas d'accord dans un passé aujourd'hui oublié. Par conséquent, nous tissons continuellement la trame de la destinée sur le métier du temps, en créant pour nous un vêtement de gloire ou de chagrin, selon que nous avons bien ou mal travaillé.
Mais nous ne travaillons pas seulement à notre destinée individuelle, car, comme le dit le proverbe, "nul ne vit pour lui seul". Nous sommes groupés en familles, en tribus, en races et en nations, si bien qu'en plus de notre destinée individuelle, nous sommes liés aux destins de la famille et de la nation, car nous vivons sous la tutelle des anges et des archanges qui agissent respectivement comme esprits de fa-mille et de race. Ce sont ces esprits élevés qui gravent sur nos atomes-germes la forme raciale et les traits du corps physique. Ce sont aussi eux qui inculquent les amitiés et les haines nationales sur les atomes-germes de nos véhicules plus subtils; en effet, l'esprit de race enveloppe comme d'une nuée le pays habité par ses protégés, et ces derniers puisent dans cette atmosphère toute la substance nécessaire pour leurs véhicules plus subtils. Dans cet esprit de race, ils ont littéralement "la vie, le mouvement et l'être" (Actes 17:28). C'est de cet esprit de race que leurs véhicules sont formés, car ils inhalent cet esprit, dont on peut dire qu'il est plus proche d'eux que leurs mains et leurs pieds, chaque fois qu'ils respirent. C'est cet esprit de race qui leur inspire l'amour ou la haine pour d'autres nations, déterminant ainsi des relations hostiles et méfiantes entre certaines d'entre elles, ainsi que la confiance qui règne entre d'autres.
D'après les enseignements rosicruciens, chaque esprit se réincarne deux fois durant le temps que met le point vernal du Soleil à traverser un signe zodiacal, une fois comme homme et une fois comme femme, ceci afin qu'il passe par les expériences de chaque signe du point de vue de l'un et l'autre sexe. Il y a de nombreuses modifications à cette règle selon les besoins de chaque esprit, car loin d'être une règle aveugle, cette règle se trouve appliquée par des êtres exaltés connus sous le nom d'Anges de Justice dans la terminologie chrétienne. Leur tâche consiste à surveiller l'heure de la destinée et à voir si le temps est venu de récolter la moisson du passé, ceci s'appliquant aussi bien aux individus qu'aux nations. Par conséquent, si nous étudions les caractéristiques des nations engagées dans cette guerre gigantesque, en même temps que les objectifs pour lesquels elles luttent, et si nous remontons dans l'histoire, il ne sera même pas nécessaire d'être clairvoyant; seulement un peu d'intuition pour les situer et voir ainsi comment les germes de cette guerre ont été semés dans le passé.
Certains historiens ont en effet suggéré que les Anglais sont une réincarnation des anciens Romains. A la lumière des recherches occultes, ce n'est pas entièrement exact, car d'autres races s'y sont mêlées, mais elles se sont tellement confondues avec la race dominante que l'on peut dire que c'est pratiquement vrai.
Revoyons l'histoire de Rome et rappelons-nous qu'après le règne des premiers rois, l'esprit démocratique s'était manifesté sous forme de république, laquelle a entrepris une guerre d'agression pour obtenir la maîtrise du monde. Au cours de cette campagne, elle avait engagé une formidable lutte contre Carthage pour la maîtrise de la Méditerranée. Pour leur expansion vers l'ouest, les Romains se sont efforcés de chasser les Carthaginois de la Sicile. En ce temps-là, Carthage était une grande puissance maritime, mais elle a été vaincue sur son propre élément en l'an 260 avant J.-C. Par suite de cet avantage, Rome a transféré la guerre en Afrique, ce qui lui a réussi au début, mais le consul Régulus qu'elle avait laissé là-bas a finalement eu le dessous et a été fait prisonnier. Il s'en était suivi une série de désastres navals pour Rome, et Carthage était en train de regagner plus qu'elle n'avait perdu en Sicile, lorsque Tetulus, consul romain, gagna une autre victoire sur les Carthaginois en l'an 244 avant J.-C., qui ont alors dû évacuer la Sicile et les îles avoisinantes. Ainsi s'est terminée la première guerre punique, qui avait duré vingt-deux ans.
Mais Carthage n'allait pas en rester à cette défaite. Trouvant en Rome son égale sur mer, elle reprit les hostilités en débarquant en Espagne, et Hannibal, le grand général carthaginois qui, de tout son coeur, détestait Rome, essaya de conquérir cette ville durant la seconde guerre punique, déclarée en 218 avant J.-C. Ses plans conçus en secret ont été exécutés avec une célérité exemplaire. Il passa les Pyrénées d'Espagne en France, poursuivit son chemin en traversant les Alpes malgré tous les obstacles et descendit en Gaule cisalpine (aujourd'hui Italie du Nord) avec seulement vingt-six mille survivants de son armée de cinquante-neuf mille hommes. Après plusieurs défaites romaines eut lieu la grande bataille de Cannes en 216 avant J.- C. puis Hannibal arriva même aux portes de Rome. Mais trouvant cette ville trop forte pour lui, il se retira dans l'Italie du Sud, où il fut finalement battu, et Carthage forcée de demander la paix. C'est ainsi que Rome est devenue maîtresse de la Méditerranée.
Cependant, la haine d'Hannibal n'avait nullement diminué, et lorsque ses compatriotes carthaginois et lui-même sont revenus naître dans une Prusse donnant sur la mer Baltique, alors que les Romains occupaient la Grande- Bretagne déjà maîtresse des mers, il était inévitable qu'avec le temps un grave conflit se déclare. De même que les anciennes guerres puniques ont produit le présent conflit (1914-1918) ainsi cette guerre en amènera une autre à moins que nous ne montrions un esprit de bienveillance envers l'ennemi du vainqueur, au lieu d'agir avec lui comme l'a fait Rome dans ces temps reculés en ne montrant ni pitié, ni considération. Le pouvoir de nuire aux autres pays doit être enlevé aux militaristes des empires centraux. Il est absolument impérieux de protéger le monde contre le renouvellement de cette catastrophe, mais les mesures prises pour assurer cette fin désirable devront être telles, que non seulement elles nous amènent la paix dans cette vie, mais aussi pour les vies futures où nous reverrons sous une autre forme ceux avec qui nous étions en guerre.
La justice doit se faire, mais elle devrait être adoucie par la compassion, de manière à éviter que les haines se perpétuent. Les mesures sévères, telles que le boycottage industriel, devraient être évitées. Il suffirait de veiller à ce que les empires centraux n'obtiennent pas davantage qu'une part équitable dans le commerce mondial. La nouvelle nation américaine, qui n'est pas encore sous la domination d'un esprit de race, voit parfois plus impartialement, et donc plus clairement qu'une autre, ce qui est juste. Rappelons-nous qu'un mal ne doit jamais en compenser un autre et que nous devons vivre et laisser vivre.
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| Chapitre 10 Table des Matières |
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