CHAPITRE 11 - LUMIERE MYSTIQUE SUR LA GUERRE MONDIALE

Troisième partie: PAIX SUR LA TERRE - Novembre 1917

Un monde lassé de la guerre, un monde rougi par le sang de millions de victimes, l'espoir de l'avenir, la fleur de la jeunesse, gémit dans l'agonie en priant pour la paix, non pas un armistice, une cessation temporaire des hostilités, mais une paix à perpétuité; comment arriver à ce but ardemment désiré? C'est le problème qu'il s'efforce de résoudre. Mais il s'attaque à des effets à cause de son aveugle-ment ou de son ignorance de cette grande cause fondamentale qui est la férocité des gens, laquelle était à peine cachée sous un léger vernis de civilisation avant de déborder comme le volcan destructeur auquel nous venons d'assister et que nous commençons à déplorer.

Avant le jour où le rapport entre la nourriture des gens et leur nature sera compris et où cette connaissance sera appliquée à dompter leurs passions et à extirper la férocité, il ne saurait y avoir de paix durable. Dans le lointain passé, lorsque l'homme en devenir oeuvrait sous la tutelle directe des Hiérarchies divines qui le guidaient sur le sentier de l'évolution, la nourriture qui lui était donnée était de nature à développer ses différents véhicules d'une manière systématique et ordonnée. Avec le temps, ces véhicules devaient se développer pour devenir un instrument composite, utilisable comme le temple d'un esprit intérieur, qui dès lors pourrait y entrer et y apprendre les leçons de la vie par une série de renaissances dans des corps terrestres d'une nature de plus en plus délicate et pure (I et II Corinthiens 3:16 et 6:16). Dans ce voyage évolutionnaire de l'homme sur la Terre, on peut distinguer cinq grandes phases, ou époques.

Dans l'époque Polaire, la première, ce qui est devenu l'homme d'aujourd'hui n'était qu'un corps dense analogue à celui des minéraux actuels, donc formé de substance minérale, et dans la Bible il est dit qu'Adam était formé du limon de la terre.

Pendant l'époque Hyperboréenne, la deuxième, un corps vital s'est ajouté au premier; ainsi l'homme en formation possédait un corps analogue à celui des plantes actuelles; il n'était pas une plante, mais ressemblait à une plante. Caïn, l'homme de ce temps, est décrit comme agriculteur, sa nourriture provenant exclusivement de végétaux, car les plantes contiennent beaucoup plus d'éther que n'importe quel autre organisme.

Dans l'époque Lémurienne, la troisième, l'homme a développé un corps du désir, un véhicule passionné et émotionnel; il était donc constitué comme les animaux. Alors le lait, produit provenant d'animaux vivants, est venu s'ajouter à son alimentation, car cette substance est plus aisément assimilée par les émotions. Abel, l'homme de ce temps, est décrit comme un berger, et il n'est écrit nulle part qu'il ait tué des animaux pour se nourrir.

Dans l'époque Atlantéenne, la quatrième, l'intellect s'est développé et le corps composite est devenu le temple d'un esprit intérieur, un être pensant. Mais la pensée détruit les cellules nerveuses, elle tue, détruit et cause du délabrement; par conséquent le nouvel aliment des Atlantéens consistait en corps morts. Ils ont dû tuer pour se nourrir, et la Bible décrit Nemrod, l'homme de ce temps, comme un vaillant chasseur.

Par l'usage de ces différents aliments, l'homme est descendu de plus en plus profondément dans la matière; son corps éthérique d'autrefois est devenu un squelette intérieur qui s'est solidifié. Mais en même temps il a graduelle- ment perdu sa perception spirituelle; cependant, le souvenir du ciel était toujours en lui et il se rendait compte qu'il était exilé de sa vraie demeure, le monde céleste. De manière à lui faire oublier ce souvenir afin qu'il applique toute son attention à la conquête du monde matériel, un nouveau produit, le vin, est venu s'ajouter à son alimentation pendant l'époque Aryenne, la cinquième. En raison même de l'usage de cet esprit faux qu'est l'alcool pendant les millénaires qui se sont écoulés depuis que l'homme est sorti de l'Atlantide, les races les plus avancées de l'humanité sont aussi les plus athées et les plus matérialistes. Ces esprits-là sont tous ivres, car bien qu'une personne puisse affirmer à bon droit qu'elle n'a jamais bu d'alcool dans sa vie, il est certain que le corps qu'elle habite provient d'ancêtres qui ont usé sans restrictions de boissons alcooliques. C'est la raison pour laquelle les atomes qui composent les corps actuels des Occidentaux ne peuvent vibrer à un taux suffisant pour la perception des mondes invisibles comme cela existait avant l'adjonction du vin au régime alimentaire de l'humanité. De même, bien qu'un enfant puisse de nos jours être élevé au régime sans viande, il n'en tiendra pas moins de la nature féroce de ses ancêtres mangeurs de viande d'il y a des millions d'années, bien qu'à un degré moindre que ceux qui continuent le régime carné. Ainsi l'effet produit par cette nourriture carnée, fournie à l'homme en devenir, est profondément enraciné chez nous tous, même si nous n'en usons pas.

Il n'est donc pas surprenant que ceux qui continuent ce régime de viande et de vin retombent à certains moments dans la sauvagerie et montrent une férocité non réfrénée par les sentiments plus élevés que des siècles de prétendue civilisation étaient supposés avoir encouragés. Tant que les hommes continueront de réprimer l'esprit immortel en eux en usant de viande et de cet esprit trompeur et faux qu'est l'alcool, il ne saurait y avoir de paix durable sur terre. La férocité innée entretenue par ces produits se manifestera par intervalles et balaiera les conceptions les plus altruistes et les plus idéales dans un tourbillon de sauvagerie, une débauche sanglante de massacres brutaux. Ils s'accroîtront à mesure que l'intelligence se développe et lui permet de concevoir, avec la supériorité de son esprit, des moyens de destruction plus diaboliques que ceux connus jusqu'ici.

Il n'est pas nécessaire de prouver que la guerre actuelle est bien plus destructrice que les conflits consignés dans l'histoire, car elle est dirigée par l'esprit plutôt que par la force musculaire. L'ingéniosité qu'en temps de paix on dirige dans des entreprises constructives est mise au servi-ce de la destruction. Si une nouvelle guerre éclate d'ici cinquante ou cent ans, elle pourrait presque dépeupler le monde. Par conséquent, une paix durable est une absolue nécessité au point de vue de la préservation de l'humanité, et toute personne capable de réfléchir ne peut se permettre d'écarter sans examen une théorie quelconque tendant à rendre la guerre impossible, même si elle est accoutumée à les considérer comme utopiques.

Il est abondamment prouvé que le régime carné favorise la férocité, mais le manque de place nous empêche de nous étendre sur ce point. Nous mentionnerons seulement comme exemple la férocité des animaux de proie et la cruauté des Indiens d'Amérique, mangeurs de viande. D'autre part, la force prodigieuse et la nature docile du boeuf, de l'éléphant et du cheval, montrent les effets du régime herbivore sur les animaux et certaines nations paisibles d'Orient sont une autre preuve de l'argument contre le régime carné. Dans le passé, la viande a contribué au développement d'une ingéniosité d'un degré inférieur, elle a joué un rôle dans notre évolution, mais nous sommes maintenant au seuil d'une nouvelle ère où le sacrifice de soi et le service apporteront une croissance spirituelle à l'humanité. L'évolution de l'intellect nous donnera une profonde sagesse dont nous ne saurions nous faire une idée, mais avant qu'il soit possible de nous confier cette sagesse, nous devons devenir aussi inoffensifs que des colombes, faute de quoi nous pourrions l'utiliser à de telles fins égoïstes et destructrices qu'elle représenterait un danger inconcevable pour notre prochain. Pour éviter une telle catastrophe, un régime végétarien doit être adopté.

Toutefois, il y a végétariens et végétariens. En Europe, la guerre oblige beaucoup de gens à se passer de viande. Ce ne sont pas de vrais végétariens, car ils désirent manger de la viande au cours de toute leur vie et ils en ressentent l'absence comme une dure privation et un grand sacrifice. Si cela devait se prolonger encore longtemps, peut-être seraient-ils habitués à s'en priver et, de génération en génération, cela les rendrait plus aimables et dociles, mais évidemment ce n'est pas le genre de végétarisme dont nous avons maintenant besoin. D'autres personnes s'abstiennent de viande pour des raisons de santé; leur motif est donc égoïste, et beaucoup d'entre elles la convoitent probable-ment. Leur attitude mentale n'est donc pas de nature à renoncer rapidement à la férocité.

Mais il existe une troisième catégorie de gens qui comprennent que toute vie appartient à Dieu et qu'il est mal de causer des souffrances à un être sensible, aussi s'abstiennent-ils de viande par pure compassion. Ce sont là les vrais végétariens, et il est évident qu'une bataille mondiale ne pourrait jamais être livrée avec des êtres ayant cette tournure d'esprit. Tous les vrais Chrétiens tendront à s'abstenir de viande pour de semblables motifs. Alors la paix sur la terre et la bonne volonté parmi les hommes seront assurées; les nations forgeront leurs épées en socs de charrue et leurs lances en serpes pour qu'en devenant des instruments créant la vie, l'amour et le bonheur, elles cessent de donner la mort, de produire chagrins et souffrances.

Notre propre sécurité, celle de nos enfants et même celle de la race humaine exigent que nous écoutions la voix inspirée de la poétesse Ella Wheeler Wilcox, dont le poème qui suit est un vibrant appel en faveur de ces créatures qui ne peuvent s'exprimer en paroles et que nous devrions protéger:

"Je suis la voix de l'inarticulé Par moi les muets parleront Jusqu'à ce que les oreilles d'un monde Aujourd'hui sourd, soient forcées d'écouter La plainte du faible qui restait sans voix.

La même force qui a modelé l'homme-roi A façonné le petit moineau; Le Dieu du Grand Tout A donné une étincelle d'âme Au monde porteur de poils ou de plumes.

Et je suis le gardien de mon frère; Je veux lutter pour sa défense En élevant bien haut ma voix Jusqu'à ce que le monde comprenne Et que les bêtes soient épargnées."



Chapitre 12
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