CHAPITRE 17 - LES CIEUX RACONTENT LA GLOIRE DE DIEU

Allocution prononcée par Max Heindel le 5 janvier 1919, la veille de son décès.

"Les cieux nous racontent la gloire de Dieu, et le firmament nous montre son oeuvre. Le jour instruit un autre jour, et la nuit en donne connaissance à une autre nuit. Ce n'est pas un langage, ce ne sont pas des paroles dont le son ne soit pas entendu. Leur retentissement parcourt toute la terre, leurs accents vont aux extrémités du monde, où il a dressé une tente pour le soleil. Et le soleil, semblable à un époux qui sort de sa chambre, s'élance dans la carrière avec la joie d'un héros" (Psaume 19).

Autour de nous, de tous côtés, nous voyons le glorieux lever du soleil apportant à tous la lumière et la vie; ensuite l'astre du jour s'élève dans les cieux, pour descendre ensuite vers l'horizon occidental. Entouré de feux intenses, il plonge dans l'océan, laissant derrière lui les nuances les plus délicates, que le peintre n'arrive jamais à reproduire à la perfection. Alors la lune, astre de la nuit, s'élève sur les collines de l'est, entraînant avec elle les étoiles et les constellations dans leur course vers le zénith, en suivant le soleil dans son éternelle course circulaire. L'écriture stellaire décrit sur la voûte céleste le passé, le présent et l'avenir de l'homme parmi les environnements changeants du monde concret, sans relâche ni repos tant que le temps durera.

Dans ce kaléidoscope toujours changeant des cieux, une seule étoile, appelée l'étoile polaire, reste à peu près stationnaire. Du point de vue de notre courte vie sur terre de cinquante, soixante ou cent ans, nous pouvons dire qu'elle est fixe. Lorsqu'un navigateur voyage sur l'étendue des mers, il sait qu'aussi longtemps qu'il se dirigera sur la base de ce repère, il arrivera sûrement à destination. Il n'est même pas découragé lorsque des nuages lui cachent l'étoile qui le guide, car il a une boussole magnétisée par un pouvoir mystérieux, si bien qu'à travers le soleil, la pluie et les brouillards, elle indiquera infailliblement cette étoile fixe, ce qui lui permet de se diriger avec autant de certitude que si elle était visible. En vérité, les cieux racontent les merveilles du Seigneur.

Ce qui existe dans le macrocosme, le grand univers qui nous entoure, se reflète aussi dans nos propres vies. A notre naissance, le soleil de notre vie se lève, et nous commençons notre ascension par les années de l'enfance et de la jeunesse jusqu'au zénith de l'âge adulte. Le monde changeant de notre milieu nous entoure de nos parents, père, mère, frères et soeurs. Avec nos amis, nos connaissances et nos ennemis, nous affrontons la lutte pour la vie avec la force plus ou moins grande acquise dans nos vies antérieures, pour payer les dettes contractées et pour supporter le poids de cette vie, ou peut- être pour les rendre plus lourdes, selon notre sagesse ou notre manque de bon sens.

Mais parmi toutes les circonstances changeantes de la vie et les vicissitudes de l'existence, nous avons cependant un grand, un sublime guide qui, de même que l'étoile polaire, ne nous fait jamais défaut, un guide toujours prêt, comme l'étoile fixe des cieux, à nous aider à diriger l'embarcation de notre vie vers les eaux calmes, et c'est Dieu. Il est significatif de lire dans la Bible que les rois mages, dans leur recherche du Christ, notre grand instructeur spirituel, ont également suivi une étoile les conduisant vers cette grande lumière spirituelle. Que penserions-nous d'un capitaine de vaisseau qui laisserait son navire voguer au hasard et l'abandonnerait à la merci des vents ou au caprice du sort? Serions-nous surpris d'apprendre qu'il a fait naufrage et perdu la vie sur des récifs? Sûrement pas, car c'eût été un miracle de le voir arriver à bon port.

Une merveilleuse allégorie se trouve inscrite en caractères cosmiques dans les cieux. Elle se trouve également gravée dans nos propres vies, et elle nous avertit d'abandonner la vie fugitive du monde matériel et de rechercher la vie éternelle de Dieu.

Nous ne restons pas sans guide, bien que le voile de la chair, l'orgueil de la vie et les convoitises nous aveuglent pour un temps. Mais comme la boussole du navigateur pointe sur l'étoile qui nous guide, ainsi l'esprit nous attire vers sa source avec une aspiration et un désir qui ne peuvent être entièrement comblés, quelles que soient les profondeurs du matérialisme dans lequel nous cherchons à les satisfaire. Nombreux sont ceux qui, maintenant, tâtonnent, cherchent et s'efforcent de résoudre le problème de ce trouble intérieur. Quelque chose semble les pousser, mais ils ne savent pas quoi; ils sont attirés vers le spirituel et cherchent quelque chose de plus élevé, notre Père Céleste. David a écrit dans le Psaume 139:

"Si je monte aux cieux, tu y est, Si je me couche au séjour des morts, t'y voilà Ta main droite me tiendra et me guidera." Et dans le Psaume 8, il dit:

"Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, La lune et les étoiles que tu as créées,

Qu'est-ce que l'homme pour que tu te souviennes de lui? Et le fils de l'homme, pour que tu prennes garde de lui? Tu l'as fait de peu inférieur aux anges, (Elohim) Tu l'as couronné de gloire et d'honneur, Tu lui as donné la domination sur les oeuvres de tes mains, Tu as tout mis sous ses pieds."

Ceci n'est pas nouveau pour ceux qui cherchent la lumière, qui ont fait leur possible pour vivre la vie régénérée, mais le danger existe qu'ils deviennent indifférents, qu'ils tombent dans la banalité spirituelle. C'est pourquoi, de même que le navigateur est constamment attentif et surveille la boussole, il est très important de se secouer constamment, de peur de s'endormir et de laisser aller notre embarcation à la dérive. Que chacun de nous se tourne vers cette étoile de l'espoir, cette grande lumière spirituelle, la seule chose vraiment réelle et de valeur, la vie de Dieu.



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