CHAPITRE 24 - L'ARC-EN-CIEL

Avant de vous parler à nouveau de l'arc-en-ciel", un sujet déjà traité auparavant, je dois vous expliquer pourquoi. Récemment j'ai dicté le texte d'un livre, et certains des points qui avaient été traités ont exigé quelques recherches, l'un d'eux étant la force vitale qui entre dans le corps par la rate (il doit s'agir du sujet "Le corps vital", page 79 à 83 des "Mystères Rosicruciens", rédigé durant l'hiver 1910-1911, donc avant l'installation à Mount Ecclesia. Vu son ton personnel, l'allocution ci-après s'adressait probablement à un petit groupe de membres du nouveau centre de Los Angeles). Ces recherches ont montré que cette force se manifeste en diverses couleurs et que, dans les différents règnes, elle travaille différemment. Par conséquent, avant de publier le livre, j'avais plusieurs choses à vérifier. Après avoir lu une partie de mon manuscrit, un ami a fait venir de sa bibliothèque, à Seattle, un livre du Dr Babbitt, publié quarante ans auparavant, et intitulé: "Principes de la lumière et de la couleur". J'ai trouvé ce livre très intéressant et je me suis aperçu qu'il avait été écrit par un clairvoyant. Après avoir passé une heure à étudier ce livre, je me suis mis à faire moi- même des recherches, si bien que de nombreux éclaircissements m'ont été donnés à ce sujet. C'est d'ailleurs un sujet des plus profonds, car la vie même de Dieu semble incorporée dans ces couleurs.

Entre autres choses, en remontant le cours de l'évolution au sujet de la lumière et de la couleur, je suis arrivé à un point où il n'y avait plus de lumière, comme l'indique la "Cosmogonie". J'ai alors suivi les différents degrés de formation des planètes, et je suis arrivé au point où l'arc-en-ciel a été aperçu dans les nuages. Toutes ces recherches m'ont fait une profonde impression et m'ont inspiré un fort sentiment dévotionnel.

Il est dit dans la Bible que "Dieu est Lumière", et rien ne saurait mieux nous révéler la nature de Dieu que ce symbole. Si un clairvoyant remonte dans un passé très lointain et observe la formation de notre planète, il verra d'abord une sorte de nuage sombre et sans forme sortir du Chaos. Il verra ensuite ce nuage de substance vierge se transformer en lumière, grâce au Fiat créateur. Ceci sera sa première manifestation, un lumineux brouillard de feu. Alors arrivera le moment où l'humidité s'est formée autour de ce brouillard de feu, et plus tard ce sera la période dite de la Lune. Plus tard encore apparaîtra la condition plus sombre et plus dense appelée la période de la Terre.

A l'époque Lémurienne, la première croûte terrestre s'est formée lors de l'évaporation de l'eau écumante et bouillante. Chacun sait qu'en faisant bouillir à plusieurs reprises de l'eau dans un récipient, il se dépose du tartre sur les parois. De la même manière, l'ébullition de l'eau à l'extérieur de cette sphère brûlante a formé l'enveloppe dure et rocheuse qui constitue la surface de la Terre.

La Bible nous dit que dans l'époque suivante, celle de l'Atlantide, il ne pleuvait pas sur la Terre, mais qu'un brouillard s'en élevait. De la terre humide montait un brouillard qui enveloppait complètement notre globe. Il nous était impossible de voir le soleil comme nous le voyons maintenant; sa lumière ressemblait à celle d'un lampadaire par une nuit de brouillard, avec une sorte d'aura autour de lui. C'est dans cette atmosphère humide que nous avons vécu au début de l'époque Atlantéenne. Plus tard, l'atmosphère s'est graduellement refroidie et l'humidité s'est condensée en eau, chassant finalement les Atlantéens vers les hauteurs par le déluge, tel qu'il est mentionné dans les différentes religions.

Tant qu'avait subsisté cette atmosphère humide, l'arc-en-ciel était une impossibilité. Ce phénomène se manifeste habituellement lorsqu'il y a une éclaircie d'un côté et un nuage de l'autre. Il est alors venu un moment où l'humanité a vu pour la première fois un arc-en-ciel. En voyant cette scène dans la Mémoire de la Nature, j'étais émerveillé. Il y avait des réfugiés venus de l'Atlantide, qui se trouve maintenant partiellement sous l'océan Atlantique et qui comprenait également des territoires incorporés maintenant à l'Europe et à l'Amérique. Ces réfugiés avaient été chassés vers l'est par les eaux jusqu'à ce qu'ils arrivent à un endroit où le sol était élevé, où l'atmosphère était partiellement éclaircie et où ils voyaient clairement le ciel au-dessus d'eux. Soudain, ils ont vu se former un gros nuage, d'où sortaient des éclairs. Ils ont entendu le bruit du tonnerre, et ceux qui avaient échappé à l'inondation et avaient fui sous la conduite d'un guide qu'ils révéraient comme un dieu, se sont tournés vers lui et lui ont demandé: "Qu'est-ce qui va nous arriver maintenant? Allons-nous finir par être détruits?" Il montra alors l'arc-en-ciel dans le nuage et dit: "Non, car aussi longtemps que cet arc apparaîtra dans le ciel, les saisons se succéderont régulièrement", et le peuple, avec admiration et soulagement, contempla cet arc plein de promesses.

En considérant cet arc comme l'une des manifestations de la divinité, nous pouvons apprendre de merveilleuses leçons de dévotion, car tandis que nous regardons les éclairs avec un respect mêlé de crainte et que nous entendons le tonnerre avec frayeur, l'arc-en-ciel éveille toujours dans le coeur humain un sentiment d'admiration pour la beauté de ses sept couleurs. Rien ne peut se comparer avec cet arc merveilleux, et je voudrais attirer votre attention, à ce sujet, sur quelques faits physiques.

Tout d'abord, l'arc-en-ciel n'apparaît jamais à midi; il apparaît toujours lorsque le soleil monte sur l'horizon ou lorsqu'il redescend après avoir traversé plus de la moitié de la distance entre le méridien et l'horizon. Plus le soleil est près de se coucher, plus l'arc-en-ciel est clair, grand et beau. Il n'apparaît jamais dans un ciel sans nuages., Il a ordinairement comme fond un nuage sombre et lugubre, et nous le voyons toujours en tournant le dos au soleil, car on ne peut voir l'arc-en-ciel et le soleil en même temps. Lorsqu'on regarde l'arc d'en-bas, il apparaît comme un demi-cercle au-dessus de la terre et de nous, mais plus nous montons, plus le cercle est grand, et dans les montagnes, lorsque nous atteignons une certaine hauteur au-dessus de l'arc-en-ciel, nous le voyons comme un cercle septuple, tout comme la septuple divinité dont il est la manifestation.

Ayant devant nous ces réalités physiques, voyons maintenant l'interprétation mystique du sujet. Dans la vie ordinaire, lorsque nous sommes au plus haut point de notre activité physique, lorsque la prospérité est à son degré le plus élevé, que toutes choses nous apparaissent claires et lumineuses, nous n'avons pas besoin de la manifestation de la vie et de la lumière divines. Nous n'avons pas besoin de l'alliance que Dieu a conclue avec l'homme lors de son entrée dans l'époque Aryenne. La vie régénérée ne nous intéresse pas. Notre esquif vogue sur une mer sereine d'été et rien ne nous inquiète; tout va tellement bien pour nous ici qu'il ne semble pas nécessaire de voir plus loin.

Mais voici soudain la tempête, un moment où, dans chaque vie, les ennuis et les soucis s'abattent sur nous. L'orage du désastre nous enlève tout ce qui nous soutenait physiquement, et nous restons peut-être seuls et accablés dans le monde. Alors, en détournant nos yeux du soleil de la prospérité physique pour les fixer sur la vie régénérée, nous verrons toujours, sur le nuage sombre du désastre, se dessiner l'arc-en-ciel qui représente l'alliance entre Dieu et l'homme et nous montre que nous pouvons toujours prendre contact avec la vie supérieure. Il se peut cependant que le moment ne soit pas encore venu d'agir ainsi, car nous avons tous besoin d'une certaine évolution matérielle, qui s'accomplit mieux lorsque nous ne sommes pas en contact trop étroit avec la vie supérieure. Lorsque nous parviendrons à considérer les épreuves et les tribulations comme un moyen d'y parvenir, alors les afflictions se transformeront pour nous en grandes bénédictions. Quand nous n'avons pas faim, nous ne pensons pas à la nourriture, mais si les affres de la faim se font sentir et que nous soyons assis devant un repas, alors nous sommes heureux, même si la nourriture est quelconque.

Si nous dormons bien, et toutes les nuits, nous n'apprécions pas ce bienfait. Mais si nous avons eu, de nuit en nuit, des insomnies, et si nous avons soupiré après le sommeil, alors quand il viendra et nous procurera le repos dont nous avons besoin, nous saurons combien il est précieux. Si nous sommes en bonne santé et ne ressentons aucun malaise, aucune douleur, nous sommes portés à oublier que la douleur existe. Mais au moment d'une convalescence après avoir beaucoup souffert, nous apprécions pleinement le bienfait qu'est la santé.

Ainsi, par le contraste entre les rayons du soleil et l'obscurité du nuage, nous voyons sur ce dernier l'arc-en-ciel qui nous appelle à la vie régénérée, et si nous voulons simplement envisager cet idéal, nous serons plus à l'aise que si nous continuons de suivre le sentier de la vie inférieure.

Beaucoup parmi nous sont portés à se faire du souci pour des bagatelles. Ceci nous rappelle une histoire récemment parue dans l'un de nos journaux; il s'agissait d'un petit garçon qui était monté sur une échelle. En grimpant, il regardait vers le haut et il était arrivé à un endroit d'où sa chute aurait été mortelle. Alors il s'est arrêté et a regardé vers le bas, ce qui lui a immédiatement donné le vertige et l'a effrayé. Mais une voix l'a appelé d'un étage supérieur en lui disant: "Regarde en haut, petit garçon; monte jusqu'à moi et je t'aiderai". Ayant levé la tête, le vertige et la peur l'ont immédiatement quitté, et il a grimpé jusqu'à la fenêtre où des bras aimants l'ont saisi pour le sauver.

Regardons donc vers le haut et efforçons-nous d'oublier les petits ennuis de la vie, car l'arc-en-ciel est toujours dans le nuage. A mesure que l'on s'efforce de vivre la vie régénérée, et de s'élever vers les hauteurs sublimes et vers Dieu, on trouvera que l'arc de paix devient un cercle et que la paix règne ici-bas aussi bien qu'en haut. Il est de notre devoir d'accomplir le travail qui nous est assigné dans le monde, et nous ne devons jamais reculer devant ce devoir. Néanmoins, nous avons aussi un devoir envers la vie supérieure, et c'est dans l'intérêt de ce dernier que nous prenons part au service du dimanche et qu'en amassant nos aspirations, nous avançons vers les hauteurs spirituelles.

Nous devrions nous rappeler que chacun a en lui un grand pouvoir spirituel latent, bien plus grand que n'importe quel pouvoir de ce monde, et lorsqu'il se développe, nous sommes responsables de son usage. Pour augmenter ce pouvoir, nous devrions nous forcer d'employer une partie de nos loisirs à cultiver cette vie supérieure, de telle sorte que lorsque le nuage du malheur descend sur nous, ce pouvoir nous aide à trouver l'arc dans le nuage. De même que l'arc se montre à la fin de l'orage, ainsi lorsque nous aurons développé le pouvoir de discerner le brillant arc-en-ciel dans notre funeste nuage, la fin de ce malheur sera venue et la partie lumineuse commencera d'apparaître. Plus le malheur est grand, plus la leçon nécessaire est importante. Lorsque nous suivons le sentier du mal, tôt ou tard, nous sommes, gentiment mais fermement, fouettés par les réalités de la vie pour nous faire réintégrer notre rang, et forcés de reconnaître que le sentier de la vérité se dirige vers le haut, et non vers le bas, et que Dieu gouverne le monde.


Chapitre 25
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